Dominik Durok

« La torture »



J’aime la torture tant elle vous encense.
J’aime surtout le moment où elle cesse.
Cet instant où votre corps et votre esprit se pansent,
Se soignent et laissent place aux caresses.
Le mal est le passage obligé vers la douceur.
La souffrance est l’alliée de vos destins.
La douleur n’est que l’exutoire de vos sueurs.
La pétinence n’est que le doux stratagème de vos futurs câlins.
Le châtiment n’est que le verdict arbitraire d’un instant de votre vie.
Et vos juges peuvent être corrompus en vous assénant leur vérité.
La vérité est que, la plus noble des condamnations reste celle de votre esprit.
La vérité est que, la plus belle des damnations reste celle de votre âme éventrée.
Vous êtes définitivement seul face à vos misères.
Et vous vous devez de vous faire procureur et partie.
Vos propres repentirs doivent être par vous mis aux fers.
Vous devez bannir vos errances en étant vous-même le jury.
La seule sentence raisonnable est celle que vous vous infligez.
Ce n’est que par ce biais que vous exorciserez vos pêchés.
La pensée et le jugement d’autrui ne sont que de bassesses portées.
N’ayez aucune honte de ce que vous avez perpétré.
Pour sortir de l’ornière, il faut savoir accepter la torture.
Même si vos cris d’horreur déchireront la nuit.
Sachez que l’on sort de ses propres cauchemars même les plus durs.
Même si souffrir vous taraude à l’infini.
L’infini n’est qu’une utopie et un jour naît le répit.
On ne peut être coupable à vie, à perpétuité.
Il existe toujours après le supplice une rémission, un oubli.
On ne peut être innocent à vie sans commettre excès.
Le tout se joue en un point milieu qui seul vous appartient.
Parfois, il est indécelable à l’œil nu.
Mais, quand vous avez touché extrême, cela vous convainc,
Et votre œil ne vous trompe plus.
J’aime la torture et ses déboires.
Elle cache les prémices de nouveaux sourires.
Etre saigné à blanc vous fait choir,
Mais jamais, de vos calvaires, vous ne pourrez mourir.
Il faut savoir aller jusqu’à l’agonie pour renaître.
Les forces humaines sont immensément grandes.
Après le lugubre existe toujours une petite fenêtre,
Par laquelle vous pouvez vous faufiler sans que l’on vous entende.
« Silence… Chut…. Ecoutez la vie. Ecoutez la mort. Et vivez toujours entre deux eaux et vous ne connaîtrez pas troubles. »

Dominick.
12 Août 2003.
N. Young.

 

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