«PLAISIRS
ET CHATIMENTS»
«J'ai commencé à
écrire «Plaisirs et Châtiments»
le 6 avril 1997. Le titre original était "M.D.".
Mais comme ces initiales me faisaient penser à
celles de Margueritte Duras je les ai changé
au profit de "M.G.", comme Marguaret Gale. Lorsque
l'éditeur m'a contacté, il m'a dit qu'«MG»
n'était pas assez évocateur pour éveiller
l'intérêt des lecteurs. J'appris par
la même occasion qu'MG était aussi une
marque de voitures anglaise... J'ai finalement opté
pour «Plaisirs et Châtiments». «Plaisirs»
parce que l'héroïne poursuit une quête
perpétuelle de plaisirs nouveaux et «châtiments»
pour les punitions qu'elle inflige à ceux qui
la déçoivent.
L'idée de départ
était simplement d'écrire une nouvelle
d'une quarantaine de pages dans laquelle je décrirais
les résultats de ce qu'on apprenait à
la fin du Livre I (relation incestueuse avec son oncle).
Je représentai donc MG sous les traits d'une
femme désabusée et dépressive
qui ne trouvait son plaisir que dans la fuite d'elle
même (alcool, drogues, relations sentimentales
épisodiques). C'était donc une auto-analyse
qui permettait à mon héroïne de
se libérer de ce qu'avait engendré l'inceste.
La nouvelle terminée,
je l'ai laissé dormir de nombreux mois dans
un classeur en ne sachant ce que j'allais en faire.
Je l'ai fait lire à quelques amis qui me dirent
unanimement que c'était l'un de mes meilleurs
écrits. Parallèlement, j'avais terminé
mon recueil de nouvelles intitulées "Le Jardin
des anges" avec lequel je prospectais les éditeurs.
J'appris alors que les lecteurs français étaient
frileux quant aux nouvelles. Je me décidai
donc à écrire mon premier vrai roman...
Pour cela, j'utilisai MG en me disant que j'arriverais
peut-être à en écrire la suite.
En même temps, je
me vis refusé d'entrer sur le sol américain.
J'avais dans mes bagages des peintures et les ébauches
de certaines de mes nouvelles (dont MG). Les autorités
m'accusèrent de m'y rendre pour chercher du
travail. De plus, ils établirent que le caractère
de mes nouvelles faisait de moi un drogué potentiel.
J'eu beau leur répondre que je gagnais ma vie
en France et que j'avais écrit de nombreuses
scènes de meurtres sans jamais en avoir commis
aucun... Malgré mes explications, je fus interdit
de tourisme aux USA pour cinq ans. Je compris un peu
mieux la stratégie de toute cette abération
quand un avocat me demanda 4000$ pour lever mon interdiction
de séjour...
De retour en France avec
ces illusions perdues, je connus une sorte de paranoïa
quant à tout ce que je pouvais écrire.
Je n'emportais plus avec moi de carnet à croquis
et ne conservai jamais aucun document personnel. Pendant
près d'un an, je fus incapable de toucher à
la moindre nouvelle et le projet de mon roman fut
relayé aux oubliettes. Ecrire pouvait devenir
un acte réellement dangereux.
Avec le temps, j'arrivai à
me raisonner et repris l'écriture d'MG en automne
1998. Je fus contacté par les Editions Baleine
à propos du "Jardin des anges". Noël Simsolo,
directeur littéraire de l'époque, était
très enthousiasmé par "Le
Charme de l'inconnu",
"Le
Sarcophage d'amour"
et quelques autres. Il me dit alors que je devais
absolument écrire un roman et qu'il le lirait
en priorité dès que celui-ci serait
terminé. Parallèlement, je fus contacté
par Les Editions du Chat Noir et les Edition Gaies
et Lesbiennes qui voyaient en moi un écrivain
potentiel. Les Editions du Chat Noir me demandèrent
d'entrée de jeu de nombreuses concessions que
je ne pus accepter. Les Editions Gaies et Lesbiennes
étaient une petite maison et leur enthousiasme
se limita à des encouragements.
MG avançait bon train.
Je passais des journées entières soudé
devant mon bureau à essayer de me projeter
dans ce personnage que je modelais avec la patience
du sculpteur. Plus j'écrivais et plus je me
disais que personne ne voudrait jamais publier un
roman où l'héroïne ne faisait que
se droguer, boire et faire l'amour. Mais cela me motivait
d'autant plus... J'ai toujours admiré les artistes
underground qui font ce qu'ils veulent sans jamais
se soucier de ce qu'on va penser d'eux ensuite. «Plaisirs
et Châtiments» me donnait l'occasion de
créer l'une de ces uvres et tant pis
si personne ne le lirait jamais...
On m'a beaucoup reproché
l'abondance et l'abus d'alcool ou de drogues. Ils
étaient surtout le moyen de mettre mon personnage
à nu, de lui donner prétexte à
parler avec elle-même. L'idée maîtresse
du livre était de faire partager l'intimité
d'un personnage atypique et de suivre son auto-analyse.
Pour moi cela relevait aussi de la performance puisque
pendant tout le récit, je donne vie à
une femme.
Après avoir rencontré
les différents éditeurs, j'étais
motivé comme jamais. Mes textes existaient
pour d'autres que mes amis et on pensait même
qu'ils méritaient d'être publiés.
Les Livres II et III ont été écrits
en même temps que le Livre IV (le dénouement).
Ainsi, j'avais une vue d'ensemble de l'intrigue, même
si cela compliquait davantage mon travail. Pendant
trois mois je me consacrai presque exclusivement à
l'écriture de «Plaisirs et Châtiments».
J'avais pensé qu'à
la fin, on aurait pu avoir trouvé le journal
d'MG sur le banc d'un jardin public, un peu comme
une bouteille à la mer... Mais comme j'ai été
d'abord séduit par l'idée qu'elle avait
écrit plusieurs "Livres", j'en suis resté
à cette option.
J'ai distribué mon
manuscrit moi-même en allant le porter chez
différents éditeurs parisiens. C'était
pendant l'été 1999. Il faisait chaud
et la capitale connaissait une sérénité
toute appropriée. C'était aussi l'occasion
de découvrir les locaux de toutes ces institutions
qui me faisaient rêver.
On dit toujours que les
éditeurs sont longs à répondre...
et c'est vrai. Très souvent, les directeurs
littéraires s'échangent les manuscrits
et les auteurs en sont les derniers informés.
Ça n'est qu'en août 2000 que j'ai été
contacté par Baleine pour la publication de
«Plaisirs et Châtiments». Après
les choses sont allées très vite...
Distribué par Le Seuil, la sortie officielle
du roman était fixée au 7 février
2001, mais on le trouvait déjà dans
la plupart des librairies le 2.
Baleine est un éditeur
qui aime ses auteurs et qui sait prendre des risques.
«Plaisirs et Châtiments» en est le
meilleur exemple. Si d'autres m'ont suggéré
de changer de nom ou de ne conserver que l'angle noir
de mon travail, les directeurs littéraires
de Baleine ont été d'une ouverure d'esprit
rare. Ils ne m'ont demandé aucune modification
quant au texte et même les corrections ont été
faites dans le plus grand respect du texte original.
Lorsque j'ai vu le roman
imprimé avec la magnifique couverture de Stanilsas
Bouvier, j'ai ressenti une sorte de joie mêlée
à de la tristesse. J'étais heureux d'avoir
accompli un rêve et en même temps, abattu
devant l'idée que l'aventure du second roman
ne faisait que de commencer...»
Jimmy Sabater - 13
mars 2001
BONUS
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le roman : Plaisirs et Châtiments
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de l'auteur sur ses nouvelles