Désigné coupable

Trilogie des Mystères du Forgrisant : Tome 2
Broché : 288 pages
Editeur : La Grande Ourse (25 février 2015)
Collection : GDO.STARDUST
Langue : Français
ISBN-13 : 979-1091416313
ASIN : B00S5UZCJG
Dimensions du produit : 14 x 2,3 x 20 cm

 

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EXTRAIT

(Attention spoiler, ne pas lire avant Un Suspect Presque Parfait)

 

NETBOOK DE QUENTIN

Samedi 2 février

Je viens de démarrer mon netbook, pièce maîtresse de mon nouveau sanctuaire. Je ne sais pas pourquoi mes parents ont décidé d’organiser ce déménagement si précipitamment. Ils nous l’ont annoncé à nouvel an, entre le saumon et les escargots, comme si l’idée de vivre sous le même toit était la plus originale qui soit. La vérité, c’est que papa voulait revenir avec nous mais il ne supportait plus l’ancien appartement. Celui-ci lui rappelait probablement ses trop nombreuses disputes avec maman. Nous habitons maintenant sur les hauteurs de Meridiart, dans les vieux quartiers, au 30 rue Balzac, sur une pente raide offrant de belles façades anciennes, avec des jardinets et des grilles noires en fer forgé donnant sur des trottoirs arborés. Ici, le silence est de rigueur. Peu de trafic, un voisinage calme et un panorama sur la ville et la mer que beaucoup doivent nous envier. Bien sûr, c’est un peu plus cher, mais papa a promis de ne plus nous abandonner et nous faisons tous mine d’y croire. Notre nouveau nid n’est pas beaucoup plus grand que le précédent, en tout cas, ma chambre ne l’est pas. Mais elle me plaît déjà beaucoup. Depuis ma fenêtre, j’aperçois le square voisin et tout au fond, derrière les toits, les cheminées et les antennes, on devine la mer, témoin muet de toutes nos vies. Les murs de mon repaire sont d’un bleu canard, avec des moulures au plafond et du parquet que l’on entend grincer sous la moquette neuve. Dans ma chambre disposée en forme de L, j’ai pu glisser mon bureau dans le renfoncement, ma bibliothèque suspendue et une étagère où j’ai classé les livres par couleur. Derrière la chaise de mon bureau, il y a un lit d’une personne, puis à sa droite, l’armoire où je range mes vêtements. Juste en face trône mon nouveau canapé. En réalité, c’est un legs des anciens locataires qui n’ont pas voulu prendre la peine de le débarrasser. Du coup, j’ai demandé à le conserver et maman a accepté après l’avoir aspergé d’un puissant insecticide. La veille de l’emménagement, elle est venue dans notre futur appartement afin de purifier chaque pièce à l’aide de fumigènes. C’est sa nouvelle lubie. On doit tout désinfecter. J’ai remarqué qu’ici, chaque porte possède une serrure. Dommage que nous n’en ayons pas les clés. Terminée l’indépendance. Je vais devoir me farcir les intrusions de Jonathan ou la surveillance continuelle des parents. Il va falloir que je me fasse à l’idée de ne plus traîner nu, de ne plus avoir de véritable intimité, de perdre une part de ma liberté. Maman est charmante, en ce moment. Elle a toujours le sourire aux lèvres et fait des efforts particuliers pour constamment séduire mon père. Bien sûr, cela fonctionne prodigieusement, et papa se montre patient et affectueux. Mais pour combien de temps ?

 

Dimanche 3 février

Je me suis de nouveau réveillé en sursaut, le torse ruisselant de sueur, le cœur battant tel un tambour, suffoquant. C’est toujours ce rêve aux abords des falaises du Forgrisant qui me harcèle nuit après nuit. Je suis à plat ventre, la bouche et le nez enfouis dans l’herbe, pris de nausées, avec de grosses difficultés à respirer. Devant moi se dresse la silhouette un peu floue d’Eliott. J’entends le flux des vagues claquer nerveusement, en contrebas. Le vent souffle avec force dans mes oreilles tout en balayant mes cheveux ; je ne suis pas dans mon état normal. Lorsque je parviens à me relever, le sol se dérobe sous mes pieds, comme si les falaises s’écartaient pour m’engloutir.

Eliott tourne le dos à l’océan et me fait face, immobile. Ce n’est qu’en me voyant approcher, la main tendue vers lui, qu’il se retourne vers les falaises abruptes. Son corps se vrille, il effectue une sorte de révérence presque théâtrale et s’élance dans le vide, le corps en croix, avant de disparaître définitivement, délivré de tous ses maux, dans un geste fatal.

Mes muscles se raidissent, tandis que des flashes m’aveuglent au rythme des feux d’une mitraillette. Je vois les falaises, les nuages, le ciel ; le paysage défile devant mes yeux tel un diaporama accéléré. Je sens l’air marin m’enivrer, m’aspirer et je tombe à la renverse, ma vie passe de la frénésie au ralenti. Mes muscles sont devenus incontrôlables, je suis victime des caprices d’une nouvelle crise d’épilepsie. Je ne gagne jamais ce combat-là. Je deviens le pantin, la marionnette que mes nerfs s’amusent à secouer, prisonnier d’un court-circuit dont je ne peux pas me détacher. Tant pis. Trop tard.

Le plus terrifiant dans ce rêve, c’est la raison pour laquelle Eliott se jette dans le précipice. Elle est en constante évolution. Parfois il saute, d’autres nuits je le pousse et il arrive même que je tombe avec lui. Et après je me réveille brutalement, juste à côté de mon lit, le cœur battant à deux cents à l’heure. La différence entre Eliott et moi, c’est que lui, il est mort ce deux septembre, tandis que je suis bel et bien vivant. Je me trouvais à quelques pas de lui ce jour-là, mais je n’ai rien pu faire. Si je m’étais relevé deux secondes plus tôt, j’aurais pu le rattraper et le sauver. Mais la vérité, c’est que je ne me souviens de rien. C’est médical. À chaque fois que je sombre, des heures s’effacent de ma mémoire et elles ne réapparaissent que par bribes, créant des puzzles compliqués faits de réalité et de rêves. Au centre de la photographie, la vérité a disparu pour toujours. Eliott était mon meilleur ami, comme mon frère. Nous partagions nos secrets les plus intimes. Enfin presque, car une part de son existence demeurait insoupçonnable. Je me suis senti immensément trahi lorsque j’ai découvert sa liaison avec Mme Geoffroy, notre prof de français. En véritable tombeur, il s’était offert une belle collection de cougars à Meridiart. Parfois celles-ci lui donnaient de l’argent ou l’invitaient dans de beaux hôtels et de grands restaurants. Le coup de poignard, c’était quand j’ai appris qu’il avait fait quelque chose avec maman. Ça m’a complètement chamboulé. Ça ne pouvait pas être vrai, pas ma propre mère avec mon meilleur ami ! Mais une fois la gifle magistrale encaissée, je n’avais d’autre choix que de passer outre. J’adore maman et j’adorais Eliott qui me manque terriblement même si c’était le plus incorrigible des Don Juan. Maman est trop jolie, trop charmante pour lui présenter des pièges à filles comme l’était Eliott.

Finalement, j’ai profité de mon réveil matinal pour aider Jonathan à arranger sa chambre. Hier, je lui avais laissé choisir la pièce qu’il préférait, me contentant du second choix. Mais lorsqu’il a vu comment j’avais décoré la mienne, je crois qu’il est devenu un peu jaloux.

J’étais en bonne forme cet après-midi, alors je suis allé faire du roller. Il y avait du soleil et malgré le froid j’ai fini par crever de chaud dans mon blouson rouge devenu trop étroit en moins d’un an. Pire qu’un sauna !

Je suis monté vers La-Roche-des-Termes où d’anciens hangars désaffectés constituaient un bel environnement pour réaliser de nouvelles figures et piquer quelques pointes de vitesse. Je suis passé par le centre commercial voisin, complètement désert. J’ai juste croisé un type d’une quarantaine d’années qui courait en short. Je n’ai pu m’empêcher de penser qu’il était plus prévoyant que moi qui cuisais dans mes vêtements synthétiques.

J’ai profité de la rampe d’un escalier pour m’entraîner à la descendre pieds joints, sur les roues, façon free style. Loin de mes copains skater du vieux port, je ne risquais pas de me prendre une honte en m’effondrant devant eux. Ici, je ne pouvais que m’occasionner les bleus habituels. J’ai ma fierté. En plus, je suis tombé au moment où j’ai entendu la sonnerie d’un SMS de Marie : « Je ne pourrai pas venir demain soir car ma mère veut discuter avec le prof de français. L’horreur ! » J’ai commencé par lui répondre : « OK, une autre fois, quand tu veux », avant de me raviser. Il fallait quelque chose de plus sensuel comme « Tu me manques terriblement… » Mais j’avais peur qu’elle s’imagine que je ne pouvais plus me passer d’elle. Finalement, je lui ai envoyé un : « On garde le contact. » De toute façon, j’ai l’impression que cette relation ne nous mène nulle part. Marie est détachée, trop prude et réservée, parfois menteuse. Next. Après un grand virage, je suis arrivé dans l’avenue Barthélemy, toujours déserte. J’avais repéré cette piste pour sa longueur idéale alors que je passais ici en voiture, avec papa. Le soleil d’hiver teintait le ciel de dégradés de rose et d’orangé et la perspective offrait un décor apocalyptique digne d’un film fantastique. À gauche, de gigantesques hangars en tôle rouillée s’alignaient à perte de vue, et à droite un vaste terrain en friche jonché de cadavres électroménagers, bidons d’huile, vieilles mobylettes et autres déchets immondes. Mais la route me promettait un incroyable revêtement sans la moindre aspérité. La perfection absolue pour rouler sans danger.

C’est là que j’ai entendu un homme crier d’une voix plaintive :

– Arrêtez ! Mais lâchez-moi ! Les sons qui suivirent étaient encore plus inquiétants – des claquements de pas précipités, les gémissements d’une personne qui étouffe, les halètements saccadés d’hommes en plein effort. Je me suis glissé doucement derrière des bacs à poubelles sur roulettes, m’accroupissant avec précaution pour ne pas être vu.

À une cinquantaine de mètres, j’ai immédiatement reconnu, grâce à son short vert, le joggeur croisé quelques minutes plus tôt. Cinq types costauds comme des déménageurs et cagoulés venaient de lui tomber dessus. Ils l’ont maîtrisé en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Chacun lui prenant l’un un bras, l’autre une jambe, et le réduisant au silence, une main plaquée sur sa bouche. Le plus grand, qui lui maintenait la tête, a sorti un flacon de sa poche et le lui a fait respirer. Après quelques inhalations, le pauvre homme n’a plus montré grande résistance. Tel un cortège funèbre, ces individus terrifiants ont transporté son corps comme s’il était mort. Pourquoi s’en prenaient-ils à lui ? Que s’était-il passé en seulement quelques minutes pour qu’ils en arrivent là ? Pourquoi l’avoir endormi ? Comptaient-ils l’enlever ? Ils se sont arrêtés à l’entrée d’un entrepôt des anciennes coopératives, juste au pied d’une large faille creusée dans la dalle de béton et donnant sur les caves inondées. Comme il avait plu pendant des semaines, elles regorgeaient d’une eau si sale, que de là où je me trouvais on aurait dit du pétrole. Le type le plus grand a fait un geste de la main et ils ont plaqué le joggeur au sol à plat ventre, les bras bloqués dans le dos, la tête au-dessus des eaux stagnantes. J’étais terrorisé. Avaient-ils l’intention de noyer le joggeur dans cette eau répugnante ? Et quelle devait être ma réaction ? Crier ? Déchausser discrètement mes rollers et courir chercher du secours ? Prendre mon téléphone et appeler la police ? Rejoindre ces sales types en rollers sur ce sol hyper-accidenté et essayer de m’interposer ?

Assurément non. Je ne faisais pas le poids et j’imagine qu’ajouter un nouveau martyre à leur collection ne les aurait pas dérangés. Et puis avec une suspicion de meurtre aux fesses, j’avais plutôt intérêt à me tenir à carreau. Dans tous les cas, la moindre action ne me vaudrait que des ennuis.

Celui qui devait être le chef a empoigné les cheveux du pauvre homme pour l’obliger à boire la tasse. Il a commencé à se débattre puis à se tordre sur le vieux béton sale et fragile. Mais le grand type tout en muscles n’a pas bougé d’un pouce, paralysant son crâne dans cette mélasse écœurante. C’était extrêmement choquant d’assister à cette mise à mort, juste devant moi. Car il ne s’agissait pas d’une bagarre de quartier, d’un règlement de comptes, d’un interrogatoire ou d’une correction, non. Ils étaient en train de l’assassiner, sans lui laisser la moindre chance de survie. Dans les bras de ces cinq molosses, le sportif a tenté des cris rapidement étouffés sous ce pétrole meurtrier. Il s’est débattu avec ses jambes, a bandé tous les muscles de son corps dans un ultime instinct de survie. Mais cela n’a pas suffi. Après s’être crispé à plusieurs reprises, le joggeur a fini par se relâcher complètement, vaincu, terrassé par la loi du plus grand nombre. Mort.

Lorsque le pauvre homme n’a plus donné le moindre signe de vie, ses agresseurs ont soulevé son cadavre pour le glisser lentement dans la faille, transformant du même coup ce meurtre en accident. Ainsi pour la famille, les proches et surtout la police, la cause de la mort était déjà toute trouvée : le sportif s’était écarté de son itinéraire habituel pour emprunter la dalle dangereuse de cette ZAC en ruines, et c’était par pure malchance qu’il s’était laissé happer par un trou béant le faisant sombrer dans ces insondables eaux stagnantes. Dans combien de temps allait-on le découvrir ? Un meurtre parfait ! Sauf que moi j’étais là et que j’avais tout vu. Ils commençaient à partir dans la direction opposée quand j’ai enfin pu souffler. C’était la première fois que j’assistais à un spectacle d’une telle horreur et j’étais si nerveux que je claquais des dents et tremblais de tous mes membres. Sans doute la peur mêlée à la joie de pouvoir m’en sortir sans mal. À genoux depuis trop longtemps, j’ai voulu dégourdir mes jambes ankylosées en m’asseyant directement sur l’asphalte. Mais comme un imbécile, tout en avançant mon pied, ma jambe s’est raidie mécaniquement et mon roller est aussitôt venu heurter la roue de l’un des deux bacs derrière lesquels je me cachais. La poubelle a légèrement vacillé, peut-être juste d’un centimètre et j’ai cru que j’étais hors de danger. Pour me rassurer, j’ai examiné la trajectoire des roues, mais cela n’a fait qu’ajouter à mon flip. Elles étaient bien droites, dirigées vers une petite pente donnant sur la route inclinée. « Non, elle ne va pas le faire ! » ai-je pensé, paniqué à l’idée d’être si bêtement découvert par les assassins. Et comme il n’y avait aucun gravier pour la retenir, elle s’est mise à glisser lentement, très lentement, mais bruyamment. En tout cas, assez fort pour attirer l’attention des cinq meurtriers que j’avais vus en action.

J’étais encore dissimulé derrière l’autre bac quand je les ai entendu crier :

– Oh ! Y’a quelqu’un ? Un autre a dit quelque chose et l’un d’eux a commencé à courir dans ma direction.

– Qui est là ? a crié un des types à la voix plus grave. J’étais tétanisé ! Si je restais planté là ils allaient sans doute me questionner, me battre, peut-être me tuer. Mais si je m’enfuyais en direction du centre commercial, ils me rattraperaient sans effort vu que je n’en connais pas encore tous les recoins.

J’ai observé la poubelle qui, ne rencontrant aucun obstacle, prenait de la vitesse et roulait à vive allure vers le trottoir opposé. C’est là que j’ai évalué la dangerosité de la descente abrupte qui se présentait juste derrière moi. Cette route relie les hauteurs de La-Roche-des-Termes à une plage de Meridiart, tout en bas. Mes copains diraient tous qu’il est impossible de freiner en rollers en partant de si haut. Le problème tient surtout aux feux qui balisent le trajet, mais aussi aux voitures, autobus, piétons qui représentent tous des obstacles exigeant un freinage immédiat. Chose impossible lorsqu’on a pris beaucoup de vitesse.

Tant pis ! Alors que l’un des plus grands types était seulement à une cinquantaine de mètres de moi et courait à toutes jambes, j’ai repris équilibre sur mes rollers et me suis élancé à toute vitesse sur l’avenue.

C’était parfaitement suicidaire. Sur des rollers avec de bons roulements, comme en skate, on est toujours plus rapide à mesure qu’on descend, et plus on a d’élan plus la chute est inévitable. Quand je me suis retrouvé au milieu de la route, je ne sais pas quelle peur était la plus effroyable, celle d’être rattrapé par ces cinq fous furieux ou celle de me tuer en dévalant l’une des côtes les plus à pic de Meridiart. Par miracle, j’ai pu traverser le premier carrefour dont le feu est passé au vert juste au moment où je le franchissais. Mais le second était bien rouge et je l’ai grillé, évitant de justesse des cyclistes dans un ultime écart. J’ai senti mes roues commencer à s’emballer et mon équilibre de moins en moins sûr. Mes chevilles étaient brûlantes, car trop serrées pour cet exercice, et mes réflexes n’étaient guidés que par mon instinct. J’ai senti des aspérités sous mes talons et j’ai failli tomber à plusieurs reprises. Mais j’ai scruté l’avenue adjacente tout en bas où de nombreux véhicules circulaient à vive allure dans les deux sens. Tout au fond, avant la promenade menant aux plages, j’ai vu les murets en béton d’au moins un mètre de hauteur de chaque côté de la voie rapide. Si j’arrivais jusque-là j’étais mort. Au moins, je mourrais en rollers et pas noyé de force comme ce pauvre type.

Et, comme cela arrive parfois, un prodige que ne connaissent que ceux qui pratiquent intensément le roller s’est produit, une rotation des genoux, les pieds parallèles qui penchent légèrement à droite, et je tourne vite, beaucoup trop vite. Je me retrouve dans l’une de ces rues silencieuses et immobiles, peuplées de probables fantômes, un décor qui n’est là que pour moi. Et les rollers ralentissent lentement. Je suis presque au bout de cette rue quand ils s’arrêtent et que je peux relâcher la pression quelques secondes.

Je suis vivant ! Sans perdre de temps, je me suis engouffré dans une autre ruelle pour m’agripper à un bus qui croisait mon chemin.

Lorsque je suis rentré, papa m’a dit :

– Tu as une tête de déterré pour quelqu’un qui a fait du sport. Tu ne serais pas plutôt allé traîner avec ces fumeurs de joints sur le vieux port ?

Maman est intervenue en riant.

– Ça n’est pas son style. Et puis Quentin n’a pas le droit de fumer avec sa petite maladie, s’il ne veut pas tomber dans les pommes. N’est-ce pas, mon chéri ?